Les huissiers-commissaires de justice du Tchad haussent le ton. Réunis le 27 mars 2025, les membres du bureau de la Chambre nationale des huissiers-commissaires de justice, en concertation avec les bureaux provinciaux, ont dénoncé les nombreuses entraves à l’exécution des décisions de justice. En réponse, ils annoncent une cessation totale de leurs activités du 31 mars au 6 avril 2025 sur l’ensemble du territoire national.
Dans un communiqué signé par leur président, Me Eldjimbaye Mbaïhoudou Elysée, ils dénoncent une « situation de non-droit » marquée par des sursis à exécution jugés abusifs, des défenses à exécution, ainsi que des refus de réquisition qui paralysent leur mission. Ils exigent l’arrêt immédiat de ces pratiques par la Cour suprême, la mise en conformité de la loi des finances 2025 avec les textes de l’OHADA, et le règlement par l’État des condamnations qui lui sont imputées par la justice.
Cette grève s’inscrit dans un contexte tendu entre les autorités et les professionnels de la justice. En octobre 2024, le ministre de la Justice avait déjà critiqué certaines pratiques des huissiers, estimant qu’elles contrevenaient aux principes de l’OHADA concernant l’exécution forcée des décisions impliquant l’État et les établissements publics.
Alors que l’exécution des décisions de justice reste un défi au Tchad, cette mobilisation des huissiers-commissaires de justice pourrait accentuer la pression sur les autorités judiciaires et politiques pour des réformes plus profondes.