LES PROGRES ET DEFIS DES FEMMES DANS LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DU TCHAD

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 LES PROGRES ET DEFIS DES FEMMES DANS LE DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE DU TCHAD

Depuis la nuit des temps des différentes politiques volontaristes ont été engagées pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes au Tchad. Les résultats du dernier recensement général de la population de l’habitat phase deux (RGPH2) ont démontré que les femmes représentent plus de 50,3% de la démographie nationale. Malgré qu’elles soient minoritaires dans les instances de décisions, leur apport dans le développement économique du Tchad est salutaire. L’Etat tchadien reconnait officiellement la citoyenneté pleine de la femme et l’égalité entre les sexes, comme une condition essentielle pour une participation effective des femmes au développement économique et social. D’où la signature de l’ordonnance 012 sur la parité de genre en mai dernier.

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La réalité montre pourtant de grands déficits. Cette problématique a ses origines dans des pratiques socialement anciennes. Il est indispensable pour la vie économique du Tchad, d’identifier et traiter à la question à la racine. Sur le plan économique, les femmes sont des maillons forts dans la chaine soit dans le monde urbain soit dans le monde rural.

La femme tchadienne est mère en moyenne de quatre enfants, doit s’occuper des tâches domestiques et, par manque d’argent, doit mener diverses autres activités sources de revenus. Jusqu’à présent, il n’existe pas de statistiques montrant l’apport effectif des femmes au PIB national. Elles sont pourtant des agents économiques de plus en plus importants et sont présentes dans tous les secteurs économiques, surtout dans l’économie informelle.  Petits commerces d’aliments, de vêtements, des salons de coiffure pour ne citer que ceux-là.

Cet apport économique repose sur des fonds propres : en effet, par manque de garanties, les femmes accèdent moins facilement aux prêts bancaires que les hommes. Représentant la majorité de la population, elles manquent cependant de financements et cela peut être considéré comme un frein au développement économique du Tchad.

La déscolarisation des filles facteur de pauvreté

Par manque d’éducation, les femmes méconnaissent trop souvent leurs droits. Par voie de conséquence, les violences verbales et corporelles existent toujours, les femmes subissant bien davantage que les hommes des violences d’une extrême gravité, ou encore les problèmes de succession demeurent aujourd’hui pour la plupart résolus en faveur des hommes.

Socialement, les femmes accèdent moins facilement à une formation professionnelle et rencontrent  des grandes difficultés pour trouver un travail et parvenir à une indépendance économique. En conséquence, près de 81 % des femmes sont touchées par la pauvreté, contre 69 % des hommes. Elles encourent ainsi un plus grand risque de mourir entre 15 et 49 ans. Elles demeurent et restent la main  forte dans la société et constituent une potentialité capitale pour l’essor économique.

Pour renforcer le rôle des femmes dans l’essor économique et social du Tchad, la nécessité d’améliorer le système éducatif s’impose. Sans instruction, les femmes tchadiennes ne pourront pas prendre pleinement part au développement économique et s’impliquer davantage dans la vie politique de leurs pays. Ces changements ne peuvent se faire qu’à travers une politique éducative et de sensibilisation réelle et soutenue.

Une étape décisive pour l’économie du Tchad

Assurer l’indépendance économique et financière des femmes est une étape décisive et impérieuse : il faut créer des centres d’alphabétisation et de formation, notamment sur la gestion et sur les métiers de l’auto-entreprenariat. Ces centres devraient être liés à des structures d’épargne et de crédit.

Si beaucoup d’efforts ont été faits par les hommes pour prendre des responsabilités dans l’accomplissement des tâches domestiques ou pour apporter des soutiens multiformes à leurs compagnes, filles ou sœurs, des efforts doivent être encore entrepris pour réaliser cette égalité que nous envisageons sous forme de complémentarité et non de compétitivité.

La mobilisation d’abord des femmes

C’est donc la mobilisation d’abord des femmes pour aller plus loin dans les études et l’implication des hommes pour les soutenir qui feront que nous réduirons la disparité fille/garçon. Cela inclut bien entendu la mise en place des bourses d’études conséquentes par le gouvernement ou les organisations internationales intervenant au Tchad, afin d’inciter les filles mères ou les femmes au foyer méritantes de poursuivre leurs études supérieures.

Pour que la femme tchadienne soit au cœur du développement de son pays,  la politique d’une véritable égalité entre l’homme et la femme devant la justice et l’application des décisions de justice, combattre les  pesanteurs socioculturelles, bannir les mythes sont des barrières à ôter.

 

 

Toumai

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